Génération X: génération qui a vu pour la première fois MTV.
ok, j’y étais.
Génération qui se drogue par manque de passions, de causes à défendre. Génération qui peut dire merde à ses parents et choisir de ne pas faire médecine parce que ces  derniers ont fait Mai ’68 (merci on sait).  Génération qui bosse 80 heures par semaine pour ne pas arriver à se payer des vacances, ni un apparte d’ailleurs. Génération qui remet au goût du jour le vélo, « passke c’est cool » mais en fait, le vélo c’est pas cool: c’est juste qu’on a du mal à se payer un plein par semaine. Génération sur-éduquée, qui parle 3 langues, est partie en Grèce en vacances toute son enfance, s’est payé une bagnole à 18 ans, à fait des stages, s’est trouvé un job à responsabilités, pour finir à 30 ans par chercher un job de vendeur à la Fnac, parce qu’au final, finir à 18h30 sans responsabilités c’est le sens de la vie.  Warum?

Derrière son grand bureau en verre, au 4ème à l’étage de la direction, il me dit:

–  » Mais enfin, mademoiselle, faites des piges, à votre âge c’est ce que je faisais ». 

– « Oui, monsieur merci, vous savez combien ça paye une pige? » 

-« 400 CHF ».

– « Et vous savez combien coûte un loyer? »

– « 1’000 francs »

– « Non , pas exactement, monsieur, un loyer aujourd’hui c’est plutôt dans les 1’400 le studio; pour survivre, il faudrait vendre environ 2 piges par semaine…. »

– « oui, enfin bon mademoiselle, quand on a votre gueule, on peut se placer différamment. »

– « merci vieux con, je vais pas te sucer sous ton bureau ».

 Inutile de dire, que le job à la Tribune des Arts en 2002, je ne l’ai pas eu. D’ailleurs y avait pas de job, juste ce vieux con de baby boomer, arrivé, qui pense toujours que le tram coûte 60 centimes, un loyer 1’000 balles et que pigiste c’est un métier d’enfer.

En boîte de nuit, c’est cool,  tu te fais piquer les mecs par des vieilles radasses en mini-jupes, complètement refaite, qui déchire plus que toi, avec leur fringues à 3’000 balles, leurs bijoux Chopard et leur brushing fait à Paris (« Ahhh c’est terrible, il n’y a pas un bon coiffeur à Genève, je dois prendre l’avion pour me faire mon brush’ et tu te rends compte, ma chérie, que j’ai dû aller à NY exprès pour trouver les dernières Manolo Blanik??? », pauv’ conne de copine de ma mère) .

La génération Baby Boom ne veut pas veillir, ni accepter qu’elle nous a foutu dans la merde. La génération du Baby Boom, a vécu l’après guerre, a fait sa révolution, a manifesté contre le Viet Nam, a fait des gamins à 22 ans, s’est fait des couilles en or dans les années ’80, s’est payé un apparte, une résidence secondaire, nous a fait croire que c’était normal de partir en vacances, aller skier, avoir une voiture, une télé.

Sauf, que c’est plus la norme. Ce que nous avons pris pour dû, ma génération est forcée de le remettre en question et de constater que ce sont des luxes. Des choses en trop, sans lesquelles on vit très bien, sauf qu’on était pas habitué.

La génération X a été formée par ceux qui l’exploite. Ses parents. La génération X ne joint pas les 2 bouts, pour que les baby boomers puissent finir de payer le toît de leur 3ème résidence, celle au bord de la mer où ils prendront leur retraite.  

A leurs yeux nous ne luttons pas pour changer le monde, nous ne descendons pas dans la rue protester contre les guerrres. Mais les guerres sont devenues virtuelles. Mais tous les jours, nous trions nos déchets, mettons un préservatif, travaillons pour garder un emploi, consommons des courgettes bios, mettons des jeans sans fibres synthétiques pour tenter de leur donner la joie d’être grands-parents.

Notre révolution s’est faite dans la musique, la techno dans les années ’90. Un courant incompris de nos parents, la seule chose sur laquelle ils n’aient pas mis la main. La seule chose que nous ayons créé.

Une révolution sourde, qui hurle de la nuit jusqu’à midi.